Jetsam______________________________________________________________________________________
Il était là, à seulement quelques mètres de moi, appuyé nonchalamment contre un mur dans un coin d'une ruelle sombre, tête baissée. Le vent faisait virevolter ses cheveux couleur ébène devant ses yeux, les cachant ainsi. Je descendis de quelques centimètres mon regard et l'attarda sur sa bouche. Ah, ces lèvres...! Fines, elles avaient une couleur étrange. Elles étaient foncées, comme si on avait appliqué dessus une couche de rouge à lèvre sang. Alors que je me concentrais sur leur texture, elles semblaient si douces, je les vie s'étirer en un long sourire. Un sourire qui m'intrigua, car ce n'était pas un sourire de bonheur, non. Difficile à définir, je ne trouvais que peu voir pas de mots pour le définir. Malicieux, vicieux, sadique, pervers, il m mélangeait tout à la fois. Mais le sentiment dominant que cette personne voulait faire apparaître reste le mystère. Oui, voilà à quoi il me faisait penser. A un grand mystère. Il cherchait à m'intriguer par son mystère.
Ma curiosité prit le dessus, et mes pieds se mirent à avancer vers cet inconnu qui me faisait tant d'effet. Au fur et à mesure que j'avançais à petits pas, une impression de déjà-vu me pris. Un pas de plus... Deux pas... Trois. Plus je me rapprochait, et plus ce sourire qui dessinait son visage s'agrandissait. On aurait dit qu'il m'incitait à me rapprocher encore et encore. Le faisait-il ? A ce moment, j'aurais dit non. Maintenant, je dirais oui.
Moins d'un mètre nous séparait à présent. Un frisson me remonta le long de l'échine, me faisant légèrement trembler. Maintenant que j'étais assez près pour l'observer en détails. Une telle beauté était-elle humaine ? Bien sûr que non. Mais aveuglé, éblouit par cette créature, je n'ai pu m'en rendre com. Je tentais de percevoir ses yeux masqués par quelques mèches de cheveux. Je voulais savoir leurs couleurs, l'expression qu'ils pouvaient bien laisser paraître. Maintenant, je sais pourquoi il voulait les cacher. Il pensait que j'allais prendre peur. Je froncis mes sourcils de frustration, lorsqu'il s'approcha de moi. Prenant pour lui le seul et unique pas qui nous séparait. Incapable de dire quoi que ce soit, je découvris alors la blancheur de sa peau. Il leva un doigt fin et vint me caresser la joue. Mon c½ur loupa un battement avant de rebattre de plus belle. Sa peau était gelée. Comment pouvait-on avoir une peau si froide ?
Combien de temps suis-je resté ainsi, sans bouger, à le fixer, à l'admirer, à essayer en vain de ressentir le contact froid du dos de son doigt sur ma joue ? Peut-être une minutes, peut-être une heure. Je serais incapable de le dire. Je sentis alors un contact froid à travers mes cheveux sur ma nuque. Tandis que je réalisais que c'était sa main, mon c½ur ne put s'empêcher de battre à toute vitesse. Et lorsque je le vis sourire, je suis sûr qu'il l'a entendu. Entremêlant ses longs doigts dans mes cheveux, il rapprocha lentement sa tête de la mienne. Mes yeux clairs fixaient ses lèvres sanguines se rapprochant des miennes, et lorsqu'elles les touchèrent enfin, mon c½ur qui s'acharnait à vouloir sortir de ma poitrine s'arrêta de battre. D'ailleurs, tout s'arrêta autour de nous. Le temps de passer, la lune de briller... Il n'y avait plus que nous. Plus que nos deux bouches collées l'une à l'autre, nos deux langues s'entremêlant.
Quelque chose, ou plutôt deux choses pointues, telles deux aiguilles, me transpercèrent la lèvre inférieure. De surprise et de douleur, j'ouvris les yeux et perçus enfin les siens, pour la première fois. Je restais immobilisé, de peur, de stupeur, de surprise, de douleur encore... Ses yeux étaient... sublimes, les premiers que je voyais d'une telle couleur. Parfaits, comme tout le reste de son corps, ils étaient aussi noirs que ses cheveux, mais un liquide rougeâtre, pourpre coulait autour de ses pupilles. C'était... incroyable et indescriptible. Son regard, quand à lui, laissait paraître plusieurs émotions. Le plaisir d'abord, mais derrière ce plaisir, on décryptait un sadisme. Voilà, le plaisir de faire mal. Et maintenant, je sais qu'il y avait quelque chose en plus de ce plaisir : la soif.
Il décolla ses lèvres des miennes, les laissant comme ça, trouées, ensanglantées. Terrifié, je dus avoir un geste de recul, car j'entendis pour la première fois sa voie :
- Shhh, n'ai pas peur. Fais-moi confiance...
Ces paroles furent dures à entendre tellement il parlait peu fort. Un léger murmure qui me fit néanmoins entendre le son de sa voie. Une fois de plus, il était d'une perfection indescriptible. Plutôt grave, rauque, sensuelle, sexy et irrésistible quand j'y repense.
Les courtes paroles qu'il avait murmurées me redonnèrent immédiatement confiance. Comme si des ondes rassurantes s'étaient infiltrées en moi et me poussaient à avoir confiance en lui. Ces paroles, avaient été prononcées si près de mon cou, sa bouche y était presque collée, que son souffle contre ma peau me provoqua un énième frisson.
A peine avait-il finit sa phrase, que ces lèvres vinrent se coller contre ma peau qu'il embrassa. Puis, il y déposa un nouveau baiser, et encore un autre, et ainsi de suite je ne saurais dire combien de fois. A force, ces lèvres ne se décollèrent même plus, telle qu'il laissa un trace violacée à cet endroit.
IL finit son suçon par un dernier baiser sur la tâche violette, comme pour la soignée, avant de planter ses canines aiguisées comme des couteaux dans ma chaire.
Une sensation étrange me pris alors qu'il me vidait de mon sang. Tout d'abord, je sentis mon c½ur s'arrêter de battre, le souffle me manquait, et je suffoquais en mourrant lentement et douloureusement Puis, j'éprouva de la haine, envers cette personne qui me tuait, puis envers moi-même, qui m'était bêtement fait avoir, qui était tomber amoureux d'une personne, si je peux encore appeler ça une personne, dont je ne connaissais même pas le nom, puis, bizarrement, toute cette haine partit pour laisser place à de l'amour, de l'amour que je qualifierais de nostalgique. Un amour envers un inconnu, aux pouvoirs étranges, et aux aspects d'une beauté surnaturelle. Cette personne qui m'avait arraché mon dernier souffle, et qui me donnais l'impression de m'avoir aimé aussi passionnément que je l'avais fait.
Une fois sa soif satisfaite, il laissa tomber mon corps inanimé sur le béton dur et mouillé. Dans les dernières bouffées d'air qu'il me restait je repensa au baiser que l'on avait échangé. Ce souvenir restait de loin le plus beau de ma pauvre existence. Le plus beau, et le dernier. Que demander de plus ? Il est rare que la mort soit le plus beau souvenir d'une personne dans toute sa vie. De plus, beaucoup de monde rêve de mourir aux côtés de celui qu'il aime.
Voilà, une fin heureuse.
*
Il était là, à seulement quelques mètres de moi, appuyé nonchalamment contre un mur dans un coin d'une ruelle sombre, tête baissée. Le vent faisait virevolter ses cheveux couleur ébène devant ses yeux, les cachant ainsi...
Je secoua la tête, comme si ça allait me tirer de ma rêverie, et passa mon chemin, déçu que ça ne soit que mon imagination qui s'emballe à la moindre chose intéressante que je croise.
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L'image et la citation du titre n'ont rien à voir. Juste que je trouvais que cette photo de Jetsam allait bien avec l'histoire.
L'histoire est de moi, elle m'a été inspirée de cette chanson de Simplyd4rk que j'aime beaucoup (cliquez sur le lien, il mène sur son blog et il y a la chanson dessus, elle s'appelle Vampire Kiss) et bien sur, de la saga Twilight par Stephenie Meyer (en français, le premier tome s'appelle Fascination).
Verdict ?